Le mariage entre homosexuels est contraire à la loi
Mercredi 12 mai 2004, par // Le mariage des homosexuels
S’exprimant jeudi pour la première fois sur la question du mariage entre homosexuels dans le cadre d’un colloque consacré au bicentenaire du Code civil, Dominique Perben a déclaré : "ce mariage sera purement et simplement nul, car contraire à l’état du droit. Lorsqu’il parle du consentement entre les époux, c’est-à-dire de ce qui constitue le mariage, l’article 75 du Code civil précise que le maire reçoit « de chaque partie, l’une après l’autre, la déclaration qu’elles veulent se prendre pour mari et femme ». Prétendre que la différence de sexe entre les conjoints n’est pas inscrite dans le Code civil est donc un mensonge. J’ajoute qu’une jurisprudence de la Cour de cassation a précisé une double condition pour qu’un mariage existe : que le sexe soit reconnaissable et qu’il diffère du sexe du conjoint.
A la question de Guillaume Tabard, journaliste au Figaro, sur la réaction en cas d’union effectivement célébrée, le ministre répond : "Soit le parquet fait opposition a priori à ce mariage et les intéressés devront saisir le tribunal compétent. Soit le parquet déclenche a posteriori une action en nullité." Quant à un éventuel appel devant la Cour européenne des droits de l’homme, "qu’il n’attende pas d’elle un jugement différent ! L’article 12 de la Convention européenne des droits de l’homme dit tout aussi explicitement qu’« à partir de l’âge nubile, l’homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille ». [...]"
Cette prise de position de l’actuel Garde des sceaux dépasse d’ailleurs les clivages politiques et manifeste une constance au Ministère de la justice. L’un de ses prédécesseurs place Vendôme, Mme Elisabeth Guigou, avait en effet déclaré le 9 octobre 1998, en conclusion du débat sur le PACS en première lecture à l’assemblée nationale : « Le pacs est radicalement différent du mariage parce qu’il n’est pas question, ni aujourd’hui ni demain, que deux personnes de même sexe puissent se marier ».
A cette occasion, Mme Guigou avait elle-même rappelé la position de la Commission européenne des droits de l’homme de Strasbourg à ce sujet : « ce serait une dénaturation du mariage et de sa fin sociale que des personnes dont la catégorie sexuelle emporte par elle-même la constatation d’une inaptitude physique à procréer puissent se marier ».